dans La famille

Félix au téléphone dans l'auto de son grand-papa.Texte de Jacques Lanciault

Au cours de la dernière semaine, trois jours durant, j’ai accompagné mon petit-fils Félix dans sa routine quotidienne. Celui-ci n’a pas encore deux ans. En fait, il a fêté son ultime anniversaire « au mois » le 2 décembre dernier atteignant les 23 mois. À compter du 2 janvier prochain, on dira qu’il a deux ans, puis deux ans et demi, puis trois ans. Fini l’époque où on chiffrait son âge en mois.

Durant ces trois jours c’est fou tout ce que nous avons partagé ensemble : nous avons joué, nous avons regardé la télévision, nous avons surfé sur Internet, nous avons fouillé les étagères de la bibliothèque municipale, nous avons lu, nous avons écouté de la musique, nous nous sommes promenés dans des centres commerciaux à admirer les décorations de Noël, nous avons fait les fous autant dans le salon de mamie Céline que dehors dans la première neige de l’hiver, et ce, toujours en se parlant, lui apprenant de nouveaux mots, moi m’attelant à saisir le sens de ses premières phrases. Bref, nous avons passé du vrai bon temps ensemble. On a pas idée à quel point un enfant de cet âge est déjà un membre à part entière de la collectivité.

Un grand-papa fort ému de l’accueil que lui réserve son petit-fils
Dès qu’il m’entend franchir le seuil de son chez lui le matin, Félix m’exprime, sans retenue aucune, l’immense plaisir qu’il ressent à l’idée de passer la journée avec moi. Au premier tintement de la sonnette, il accourt dans le vestibule, sautant de joie à ma vue et criant « An papa! An papa! ». Après un saut rapide dans mes bras pour me gratifier d’un câlin, il exige dès lors que je le dépose par terre afin qu’il entreprenne la quête de ses habits de sortie : bottes, manteau, tuque, suce et doudou, tout en réclamant avec insistance mes clefs d’auto.

Félix en Floride.
Après un beau bec à maman et à papa, le voilà de retour dans mes bras, avec bien en main mon trousseau de clefs et scandant cette fois-ci « auto, côchon… auto, côchon », bref des mots pouvant se traduire par la phrase suivante : allez grand-papa, direction ton auto afin que je puisse écouter ma chanson préférée, c’est-à-dire « Trois petits cochons », tiré de l’album de Dan Bigras intitulé « Bigras 1992/2002…»

Un départ à son rythme à lui!
Et voilà! Après un court bye bye à maman et à papa, nous sortons. Notre grande aventure quotidienne s’amorce! À l’approche de mon véhicule, Félix appuie sur le bouton de déverrouillage automatique des portières. Eh oui, il connaît la routine et il n’aura de cesse d’enfoncer le bouton que lorsque le déclic indiquant que la manœuvre a réussi se sera fait entendre.

Évidemment, j’ouvre la portière avant côté conducteur. Pas question d’installer le petit bout d’homme dans son siège à lui si rapidement. Je le dépose à la place du conducteur : du coup, il se penche à sa droite et insère la clef dans le contact, sans hésitation aucune sur le choix de la clef. Pendant ce temps, je place son bagage sur le siège arrière. Prêt, maintenant à prendre ma place de conducteur je lui indique mon intention, il n’hésite pas une seconde à me faire une petite place afin que je puisse faire démarrer le véhicule et surtout faire en sorte que le concert commence!

Il se déplace alors en direction de l’espace réservé au passager où rapidement il ouvre la remise des disques compacts. Sans aucune difficulté, il retrouve le boîtier de celui de Dan Bigras, retire le disque de la pochette et, après avoir retiré le disque déjà dans le lecteur CD, il insère le sien. J’en profite pour choisir la deuxième plage du disque, une étape dont il n’a pas encore compris la nécessité. Mais, je n’ai aucun doute, il ne tardera pas à comprendre mon manège et le faire sien.

Dès les premières mesures de la chanson, déjà il est occupé à faire l’inventaire du contenu du coffre à gant ou encore à s’amuser à appuyer sur le bouton verrouillage-déverrouillage des portières ou sur ceux commandant l’ouverture et la fermeture des glaces électriques. Après quelques minutes de ce petit jeu, il se dirige vers l’arrière du véhicule réclamant que je l’installe dans son siège d’auto.

Sanglé sécuritairement, installé confortablement, un livre de « Babar l’éléphant » bien ouvert devant lui, nous pouvons maintenant prendre la route en direction de Laval.

Félix au Complexe Desjardins.

C’est maintenant au tour de Passe-Partout
Après avoir écouté à répétition la pièce Trois petits cochons, étant donné les « encore » et « encore » lancé par Félix, finalement, je remplace l’album de Bigras par celui de Passe-Partout. Ça fait son bonheur et il se met à annoncer les fins de phrase des comptines : papillons…, veston…, rond…, Passe-Partout…, etc.

Au grand plaisir de Félix, une vingtaine de comptines tourneront avant que nous n’arrivions à destination. Mais, dès que j’enfile la voiture dans l’entrée de notre maison, oublions Passe-Partout, Félix se met à scander : Mamie… Mamie… Mamie.

À suivre…
Je prends mes aises chez mon grand-papa; je m’amuse avec tout ce qui me tombe sous la main et même parfois… avec mes jouets; j’assemble des casse-têtes; je vais à la bibliothèque municipale; je nomme tout ce que je vois dans des livres; je regarde «Bébé Einstein» à la télévision; je m’amuse sur le site Internet de Caillou. Puis maintenant, je prends mes repas bien assis à ma propre table, car je suis trop grand pour manger dans ma chaise haute!

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