dans La business

Je pense souvent aux premières années d’INBOX et un sourire se dessine instantanément sur mon visage. J’étais pas mal tout seul, nous n’avions que 2 ou 3 clients, je ne connaissais pas grand-chose des affaires. Un « ti-cul » naïf et plein de bonne volonté.

Je me rappelle aussi qu’à l’époque, je n’avais pas le même rapport au stress qu’aujourd’hui. Beaucoup de choses me stressaient et m’empêchaient de dormir. Que se passe-t-il si le serveur partagé où sont hébergés nos quelques sites tombe ? Vais-je être en mesure de payer mon salaire cette semaine ? Que se passe-t-il si nous ne trouvons pas d’autre client d’ici 1 mois ? Et si on trouve un nouveau client d’ici 1 mois, vais-je être capable de livrer le projet dans les temps ? Beaucoup de questions, beaucoup de craintes, beaucoup de stress…

La première fois où notre petit serveur partagé a planté et que les sites de nos 3 clients n’étaient plus accessibles, j’ai paniqué. Je me suis vraiment senti physiquement mal toute la journée. Cette espèce de boule dans l’estomac qui ne voulait pas partir… Il m’a fallu plusieurs jours pour m’en remettre !

En 2007, nous avions réussi à engager un programmeur. Wou-hou! Je n’étais enfin plus seul. :)Et le timing ne pouvait être mieux, car je me suis marié cette année-là. Et qui dit mariage, dit voyage de noces. Je n’avais pas pris de vraies vacances depuis 2004 et le voyage de noces n’était pas une option, sous peine de divorce au lendemain du mariage. ;)J’ai dû donc confier les 4 projets en cours à notre programmeur, Félix. Je me souviens que nous avons travaillé jusqu’à 1 h du matin la veille du mariage pour être sûrs que tout irait comme sur des roulettes pendant les 2 semaines suivantes. J’étais hyper stressé de partir. Je confiais mon bébé (INBOX !) à quelqu’un d’autre pour la première fois.

Tout au long du voyage, j’avais INBOX en arrière pensé. Une fois de retour en ville, Félix m’a expliqué que, bien qu’il avait dû faire du 60 heures semaines, tout s’était bien passé. Il avait tenu le fort, et les clients étaient contents.

Quelques jours après mon retour, je me suis assis dans le bureau de mon associé et mentor, Réjean. Il m’a posé la question suivante :

Maintenant que tu es de retour et que tu as constaté que personne n’est mort, trouves-tu que ça valait la peine de stresser à ce point avant de partir ?

La réponse était évidemment non. En discutant avec lui, j’ai compris qu’au fond, après coup, avec un peu de recul, il n’y a jamais de bonne raison de se préoccuper à ce point de quelque chose. Avec le temps, l’importance qu’on accorde à n’importe quel problème tend à diminuer. Si, de toute façon, d’ici quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, un problème n’aura plus grand importance, pourquoi se stresser maintenant ? Il n’y a aucune bonne raison de le faire. On fait du mieux qu’on peut, tous les jours, et c’est plus que suffisant. Le reste viendra, ce n’est qu’une question de temps et d’espace…

Depuis ce jour, j’essaie de voir chaque obstacle, chaque embûche, chaque difficulté avec un peu de recul. Au lieu de les voir avec craintes et appréhensions, je les vois comme des défis du moment. Je m’applique à les régler du mieux que je peux, sans que ça m’empêche de dormir. Et ce n’est pas facile, je vous l’accorde, mais ça en vaut vraiment l’effort.

D’abord, physiquement, on se sent beaucoup mieux. En plus, en restant calme, on est en mesure de voir des opportunités, des trésors cachés derrière chaque embûche. Quand on se laisse atteindre par les problèmes, on cède souvent à la panique. Et lorsque la panique s’installe, on ne voit plus rien, on n’entend plus rien, on ne fait que focuser sur le problème. Dans un état comme ça, il est impossible de voir les opportunités qui pourraient se présenter à nous.

Je vous dirais que ça m’a pris un bon 3 ans à assimiler ces concepts et les mettre en application dans ma vie. Mais croyez-moi, le jeu en vaut vraiment la chandelle !

Et vous, comment gérez-vous les obstacles dans votre vie personnelle ou professionnelle ? Avez-vous des trucs, des conseils, des idées à partager ?

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