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Je suis de nature calme. Et optimiste aussi. Devant n’importe quelle embûche, je réagis généralement bien, en me disant que ce ne sera pas si pire que ça, et qu’on trouvera des solutions. Ça été ma réaction quand le Premier Ministre a fait la première de ses conférences de presse quotidienne sur la COVID-19. Il a fermé les écoles. Ensuite ce fut la fermeture de tous les lieux culturels, les centres de ski, les cinémas, les cabanes à sucre, etc. OK, pas de problème. Ç’a ne nous touche pas. Bon, les enfants sont à la maison, faudra gérer, mais ça se fait. On peut travailler de la maison. Toutes nos données sont dans le cloud de toute façon.

C’est lorsque le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les entreprises que j’ai commencé à perde mon calme. En 48 heures, on a perdu 100K de contrats. Une grande partie de nos revenus est générée par les conférences, les formations, le coaching. Toutes des activités annulées ou remises à l’automne.

On se tourne vers le télétravail? OK, mais si nos clients sont fermés aussi parce que leurs opérations ne se transposent pas en télétravail, comment on va générer des revenus?

Là, le stress est rentré comme une tonne de brique!

Mes associés et moi, on en a vu d’autres (rien comme ça par contre ;)), donc, une fois le choc initial passé, on s’est mis en mode gestion de crise. Et, bien qu’on soit encore en plein milieu de la crise, je vous partage les actions que nous avons prises, qui vont probablement de soi, mais si jamais ça peut aider d’autres entreprises…

1- Impliquer les employés dans la recherche de solutions

Il aurait été tentant de tout de suite prendre une décision purement mathématique. On vient de perdre 100K de revenus en 48h. En regardant les revenus projetés, on peut réalistiquement assumer qu’un autre 200K viendra s’ajouter aux revenus qu’on ne réalisera pas cette année. 300K de perte de revenus: il faut couper 300K de dépenses. Donc, on met à pied 5 employés. Action, réaction.

Nous avons décidé de la jouer autrement. Nous avons réuni toute l’équipe et nous leur avons expliqué la situation. Littéralement le paragraphe précédent. Mais au lieu de couper 5 personnes, nous avons décidé de garder tout le monde et de démarrer des sessions de brainstorm tous les jours, tout le monde ensemble, pour essayer de générer des idées qui nous permettraient de passer à travers la crise ensemble. Comme Simon Sinek le dit si bien:

It’s better that we should all suffer a little, than any of us should have to suffer a lot!

Tout était sur la table:

  • Adapter notre offre à la distanciation sociale
  • Lancer de nouveaux produits
  • Couper des dépenses
  • Diminuer nos salaires
  • Travailler 4 jours semaines
  • Sous-louer le bureau
  • etc.

2- Faire un point quotidien pour communiquer à l’équipe l’état de la situation

Comme le fait d’ailleurs très bien notre Premier Ministre tous les jours, un des éléments importants de la gestion de crise, c’est de communiquer, communiquer, communiquer. Nous avons déjà un rituel quotidien chez nous, le standup meeting, où on se fait un meeting tout le monde ensemble tous les matins, 9h.

Donc, chaque matin, nous communiquons avec tous les derniers changements, l’évolution de la crise, on répond aux questions, etc.

3- Contacter chacun des fournisseurs d’outils cloud pour leur demander une réduction temporaire ou fermer le compte

C’est notre ami et collègue David Pieropan qui nous a donné l’idée. Et quelle bonne idée. Nous avons commencé par faire la liste de tous les outils qu’on utilise (quelque chose qu’on aurait d’ailleurs dû faire avant ;)) et nous les avons contactés un par un avec le même message:

Hi, with the COVID-19 crisis, the Province of Quebec, Canada just closed all businesses. We will probably need to cancel our subscription as we are shutting down the company. Do you have any offers to help your current clients? Thanks

En quelques jours, nous avons réussi à économiser 6000$ sur les 3 prochains mois. C’est pas 300K, mais, hey, on prend tout ce qui passe!

4- Contacter chacun de nos fournisseurs pour les aviser qu’il y aura des retards de paiements

Personne n’aime être payé en retard. Et ce n’est jamais de gaité de coeur qu’on doive prendre plus de temps que prévu pour payer une facture. Mais là, c’est une question de survie. C’est ça, ou on va vers la faillite et personne ne sera payé. Nous avons donc contacté chacun des fournisseurs à qui nous devons des sommes afin de les aviser qu’il y aura des retards de paiements.

5- Contacter chacun de nos clients pour leur demander comment ça va

Pas pour leur dire qu’on est là, qu’on est ouvert et qu’on est prêt à les servir. Juste pour leur demander comme ça va. Juste pour écouter. Mon associé Philippe Richard Bertrand a d’ailleurs fait une excellente capsule vidéo sur le sujet.

6- Trouver des façons de redonner à la communauté en partageant notre expertise

Nous nous sommes posé la question: comment notre expertise peut servir dans cette crise et comment pouvons-nous redonner à la communauté. Nous avons rapidement pris action:

La suite

Malgré toutes ces actions, nous avons évidemment dû mettre à pied temporairement toute l’équipe vendredi dernier. C’était une question de survie. Marc Dutil, PDG de Canam et fondateur de l’École d’entrepreneurship de Beauce disait:

Never run out of cash.

Ça paraît facile à dire, moins facile à vivre, mais ça reste une réalité. Sans liquidité, rien n’est possible.

Si notre focus de la semaine dernière était d’arrêter l’hémorragie, celui de cette semaine se porte vers la suite, vers l’avenir. Parce qu’on ne peut difficilement voir les opportunités quand le bateau en train de couler. Notre cerveau ne peut pas gérer ces 2 activités contradictoires en même temps. Le bateau ne prend plus l’eau (temporairement ;)), maintenant nous pouvons nous concentrer sur la suite et trouver les façons dont nous allons nous réinventer et sortir encore plus fort de cette crise.

 

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