dans La famille

Re bonjour, c’est moi, Félix, le fils d’Isabel et de Marc-André. Je souhaitais vous donner de mes nouvelles plus vite, mais la vie trépidante que je mène ne m’en a pas laissé l’occasion. Je prends quelques minutes aujourd’hui pour le faire, après tout, le 2 avril 2005, est un grand jour pour moi. C’est ma fête! J’ai trois mois. Vous savez, il n’y a pas que des inconvénients à être bébé. Cela a aussi ses charmes. Entre autres choses, on souligne votre anniversaire de naissance tous les mois, du moins, ai-je entendu dire, durant la première année de vie. Après, paraît qu’il faut attendre un an! Aie! c’est une éternité un an, en fait pensez-y bien, c’est quatre fois mon âge. Vous vous imaginez vous, attendre quatre fois votre âge?

Je vous dis qu’il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis le 2 janvier, le jour où j’ai laissé échapper mon premier cri. Ma vie file comme un véritable roman, toujours à 100 milles à l’heure. Pourtant, mon nom est Lanciault, pas Villeneuve.

Vous vous souvenez, dans mon dernier message je vous racontais mon premier déménagement, et bien croyez-le ou pas, j’ai été contraint à déménager une autre fois, puis, en juillet, je redéménagerai, cette fois-là, je pense que ce sera pour un bon bout de temps. Ben oui! Mes parents trouvaient notre appartement de la rue Charlemagne trop petit pour nous quatre. Ils ont donc mis le condo en vente dans l’espoir de se faire construire un plus grand chez nous, à Blainville, un patelin situé dans la deuxième couronne Nord de Montréal, comme ils disent à Radio-Canada. C’est bien loin d’ici, vous savez, c’est presque en campagne. On va respirer de l’air pur!

Quand ils ont pris cette décision, mes parents, ils disaient : « il n’y a rien qui presse, on va attendre notre prix. » Et vlan, leur prix, ils l’ont eu bien plus vite que prévu. Dix jours après la pose d’une belle affiche « À vendre », qui brillait sous le soleil d’hiver, une madame leur a offert ce qu’ils voulaient. Pire encore, la madame acheteuse, a mis comme condition qu’elle emménageait dans notre beau condo tout ensoleillé presque tout de suite. En fait, on a eu un petit mois pour se r’tourner de bord. Quand je dis « on », vous comprenez bien que « on » exclut la personne qui parle! Franchement, je n’ai pas été d’une bien grande aide dans tout le barda qui s’en est suivi, mais je vous avoue que ça vous bardasse une vie de bébé, ça, un déménagement minute.

Une chance, mon grand-papa Jean-Pierre possédait un pied-à-terre à ville St-Laurent. Il nous l’a prêté histoire d’avoir un toit sur nos têtes pendant que mes parents mettaient en chantier leur projet de maison de rêve.

Je vous dis qu’ils se sont démenés pour que le tout prenne forme. Il a fallu que ma maman et mon papa choisissent un terrain à leur goût à Blainville, dépose une offre d’achat pour celui-ci, qu’elle soit acceptée, qu’ils dénichent un constructeur fiable, décident d’un modèle de maison, qu’ils trouvent le financement, et tout le tralala de choix qui s’ensuit.

Cela a exigé des voyages, presque quotidiens, dans les Basses-Laurentides. Avec un bébé, en plein hiver, quand le papa travaille au centre-ville, ce n’est pas de tout repos. Alors, pour donner un petit coup de main, mes grands-parents m’ont accueilli chez eux une couple de fois. J’ai même couché là un soir. C’était bien plaisant, on a écouté du Carla Bruni, du Chloé Ste-Marie, de la musique celtique et aussi la radio de Radio-Canada, la préférée de mon grand-père. Grand-papa me disait : « ti-pit, il n’est jamais trop tôt pour apprendre à apprécier les petits cadeaux que nous fait la vie. » Je ne suis pas certain que ses goûts musicaux seront les miens plus tard, mais sur le coup, disons que c’était reposant!

En plus de tous ces déplacements, tout plein d’amis (es) nous ont visités ou nous ont reçus chez eux. J’ai passé de bras en bras, des milliers de fois, et j’exagère à peine. Presque toujours sous les crépitements des flashs des caméras. Normal, les adultes en pincent pour moi. J’imagine que c’est comme cela pour tous les bébés. Mais, surtout, n’allez pas me demander de vous nommer tous ceux qui m’ont câliné. Il va vraiment falloir que je travaille ma mémoire!

Finalement, j’ai vécu mon premier Dimanche de Pâques le week-end dernier. Avec mes grands-parents, on a brunché au Mont-Tremblant. Une vraie belle fête. Tout le monde a bien mangé. Moi, je me suis contenté d’une bonne bouteille de blanc. Une cuvée de grand cru pour ce jour-là, et dans les bras de ma grand-mère en plus, que demander de mieux!

Je ne peux malheureusement pas vous dire c’est quoi au juste la fête de Pâques. On n’en a pas parlé. Et, comme je l’ai entendu aux nouvelles, lorsque ce sera à mon tour d’user mes culottes sur les bancs d’école, je n’en apprendrez pas beaucoup plus à ce sujet étant donné que les cours de religion, à ce moment-là, il n’y en aura vraisemblablement plus.

Toute cette vie full active s’est aussi accompagnée d’une forte poussée de croissance. J’ai grandi de quelques centimètres et j’ai plus que doublé mon poids. Par contre, je ne dors pas plus la nuit. Mais, j’ai trouvé la solution pour rendre cela plus facile à mes parents : je gazouille et je souris. Il paraît qu’alors, je suis irrésistible.

J’ai aussi pris beaucoup de force. Je me tiens debout sur mes deux jambes lorsque l’on me tient les bras. J’ai aussi commencé à faire du sport. C’était un vendredi soir, justement après l’émission de télévision « Il va y avoir du sport » animée par une autre préférée de mon grand-papa, Marie-France Bazzo. Vous devriez me voir pédaler, vous avez pas idée comment mes petites jambes se font aller. Je pense que je vais devenir cycliste. J’en rêve, parce que j’aurai alors la chance de rencontrer Geneviève Jenson, elle est tellement cute.

Voilà, j’ai pas mal fait le tour des nouvelles. Il serait temps que j’aille dormir un peu, après tout il doit bien être trois heures de l’après-midi. Si je ne me paye pas une petite sieste, je ne pourrai pas faire des mamours à mes parents cette nuit!

Propos recueillis et traduits par Jacques Lanciault

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