Je viens de terminer Qui a tué les Expos sur Netflix.
Ouf. Je ne m’attendais pas à toutes ces émotions…
Comme plusieurs le mentionnent tout au long du documentaire, j’ai, moi aussi, grandi avec les Expos. Felipe et Moises Alou, Andres Gallaraga, Tim Wallach, Tim Raines, Garry Carter, Larry Walker, Dennis Martinez, Andre Dawson, Delino DeShields…
Je ne sais plus combien de fois je suis allé au Stade. Avec mes parents, avec mes amis, avec des blondes. À jaser en regardant une bonne game de balle. À se commander des hot-dogs et du Pepsi. Les hot-dogs du Stade, les meilleurs au monde pour ceux qui ont eu le plaisir d’en manger à l’époque.
Je me rappelle de l’ambiance. J’entends encore le bruit de la foule. Je me souviens des sons, de ce que ça sentait, du sentiment d’excitation quand on arrivait, qu’on trouvait la section sur nos billets, qu’on passait par la grande ouverture et qu’on était ébloui par la lumière et les cris. Je me souviens que, petit, j’avais peur de tomber quand on était haut dans les gradins.
Probablement jusqu’à 15 ans, chaque soir j’allumais ma petite radio à côté de mon lit avant de me coucher. CKAC 730 AM. Je mettais le timer pour que la radio se ferme toute seule. Et je m’endormais au son des voix de Claude Raymond et de Jacques Doucet. Encore aujourd’hui, j’entends leur voix dans ma tête. Je n’ai jamais compris pourquoi, mais ces voix ont toujours été rassurantes, apaisantes. Comme si, peu importe ce qui pouvait se passer dans ma vie, les Expos, Claude Raymond et Jacques Doucet seraient toujours là le soir venu.
J’avais 15 ans en 1994. L’année où les Expos étaient la meilleure équipe du baseball majeur. L’année où on aurait probablement gagné la série mondiale, n’eût été de la maudite grève.
Le baseball, ça a toujours fait partie de ma famille. Pas vraiment le choix quand ton père s’appelle Jacques Lanciault ????.
J’ai joué au baseball, mon fils a joué au baseball, ma fille a joué au baseball.
J’ai vu mon père jouer à la balle molle avec la ligue de la CUM au parc Lafontaine.
J’ai vu mon père se prendre une balle dans le visage quand, en tant que receveur dans une pratique, 2 de ses coéquipiers ont choisi le même moment pour lui envoyer un lancer. Pas de masque, donc le visage en sang, l’urgence, etc.
J’ai vu mon père coacher tous les étés pendant plus qu’une décennies. Je l’ai vu lancer des pratiques au bâton pendant des heures durant, à s’en amocher le bras pour des jours.
Aujourd’hui, je donnerais n’importe quoi pour aller avec lui voir un seul autre match des Expos au Stade Olympique.
Brad Paisley en parle dans une de ses chansons (Last Time for Everything). Il y a une dernière fois à tout. Mais malheureusement, on sait jamais que, justement, c’est la dernière fois.
Je ne me souviens pas de la dernière fois où je suis allé voir les Expos au Stade avec mon Papa. Il me semble que, si j’avais su, j’en aurais profité plus.
J’aurais mangé un hot-dog de plus.
C’est peut-être pour ça que c’était les meilleurs hot-dogs au monde. C’était les souvenirs qui se créaient pendant ces moments-là.
Des souvenirs qu’on n’oubliera jamais.





