dans Le Leadership

Ce matin j’ai partagé cet article du site Les Affaires sur Facebook. Dans le commentaire accompagnant le post, je me suis mis à écrire sans pouvoir m’arrêter. Ça m’a fait du bien. Beaucoup d’entrepreneurs se sont reconnus dans ces mots. Plusieurs m’ont contacté en me demandant de leur envoyer le texte. Je le place donc ici.

Dans l’article sur le site Les Affaires, Cadleen Désir, présidente du conseil d’administration du Groupement des chefs d’entreprises disait:

Les entrepreneurs sont déjà endettés. Ils n’ont pas droit à l’assurance chômage. Et on leur demande d’emprunter encore. Cela n’a pas de sens!

Donc si vous êtes en télétravail et que votre employeur continue de vous payer, soyez reconnaissant.

Si vous êtes obligé de vous rendre au bureau, mais que votre employeur vous paie, soyez reconnaissant.

Si vous êtes employé et que vous vous faites mettre à pied, vous aurez droit à l’assurance emploi, soyez reconnaissant.

Si vous êtes travailleur autonome, vous aurez droit à l’assurance emploi, soyez reconnaissant.

Si vous êtes entrepreneur… oh wait…

J’aimerais qu’un jour, on réalise que ce sont les entrepreneurs qui font vivre l’économie d’un pays. On prend des risques, on s’endette jusqu’au cou, on met tous nos actifs en garantie. On crée des jobs, on génère de l’argent pour le gouvernement, pour les banques, pour les employés. On se met en dernier dans les priorités. On ne se paie pas ou à peine, parce que les employés sont plus importants que nous. Parce qu’on croit en notre projet. Parce qu’on est habité par une flamme, par une passion. Celle de changer le monde, de créer quelque chose de significatif, quelque chose d’important, quelque chose dont on pourra être fier. On travaille comme des fous, on ne compte jamais nos heures, souvent au détriment de notre famille, de nos enfants, de nos conjoints.

On se démène tous les jours. Tous. Les. Jours. Chaque jour, quelque chose nous tombe dessus. Mais on est habitué, on est bon la-dedans. On trouve des solutions à la vitesse de l’éclair et on rebondit. On se sort la tête hors de l’eau 3 minutes, juste le temps de prendre une bonne bouffée d’air avant qu’une autre vague vienne nous submerger. On trouve d’autres solutions, on prend des décisions et on ressort la tête quelques minutes.

Et un jour on perd tout. Tout ce qu’on a bâti, toute l’énergie, tout l’amour qu’on y a donné. 15 ans à bâtir quelque chose tous les jours et 3 mois pour tout perdre. La business, le mariage, la maison, ton char, tes amis. Même tes anciens employés sont en crisse contre toi pour leur avoir fait « ça ».

On pleure, on crie, on est en colère. On se jure de ne plus jamais revivre ça. De se trouver une petite job, sans responsabilité avec un petit salaire qui rentre aux 2 semaines. Oui, un petit salaire. Ce sera toujours mieux que le 0 salaire d’avant. On pense à aller flipper des burgers au resto du coin.

Puis on se relève, et on recommence. Parce qu’on est comme ça. Parce que le désir de bâtir est plus grand que tout. Parce que la soif de créer est toujours là.

Et parce qu’on oublie. On oublie les mauvais moments.

C’est ce qui va se passer dans quelques mois. On aura oublié toute cette crise. On aura rebondi, encore une fois. Même si on aura tout perdu, on va rebondir. On va recommencer.

Parce que contrôler sa propre destinée, ça n’a pas de prix.

Entrepreneur, je suis avec toi. On est tous avec toi. Et on va passer au travers. Avec ou sans l’aide du gouvernement ;). We’ll make it happen.

On lâche pas.

D'autres billets
12 commentaires
  • alexandrabernis
    Répondre

    Merci pour ce texte ce matin…j’ai les larmes aux yeux en le lisant 🙂 Bien sûr qu’on va se relever, c’est notre raison d’être de vivre une vie pleine se sens, de cohérence, de rester authentique en tout temps…

    • Marc-André
      Répondre

      Merci pour les bons mots Alexandra! On lâche pas!

      • Monique Poirier
        Répondre

        Très touchant. Réaliste et tellement vrai. Nous nous sommes retrouvés à travers ces mots comme s’ils nous appartenaient. Merci pour cette réflexion.

    • Martin Bussieres
      Répondre

      Je partage le même sentiment! On va bien sûr se souvenir de la situation pendant plusieurs années et ça risque même de laisser des séquelles, nous en sortirons plus fort… et probablement plus endetté! Chers entrepreneurs et collègues… serrons-nous les coudes et soyons fier. Je suis de tout cœur avec vous et principalement avec les familles qui en dépendent!

  • Stephane
    Répondre

    Oui merci de ce partage,Ca va bien aller! C’est la phrase qui est écrit dans les fenêtres de mes voisins. Au début j’angoissais,mais à force de lire cette phrase,une phrase que ma maman me disait dans des moments plus compliqué et qui me fessais dû bien,alors je vous dis ça va bien aller.😊

  • Rolande Charron
    Répondre

    Je suis d’accord avec votre beau et réel texte. J’ajouterais qu’en temps qu’entrepreneur, on se sent responsable de continuer à ce que chacun de nos collaborateurs ou membres de notre famille puisse continuer à recevoir son salaire afin lui-même de continuer à progresser dans la vie. C’est une lourde tache quand il y a des moments difficiles, mais on en a vue d’autres et CA VA BIEN ALLER.

  • Eric-Gabriel Beauchamp
    Répondre

    Merci beaucoup pour ce texte.
    Il reflète tellement bien la réalité.
    Je suis fier et heureux d’être un entrepreneur.
    Par contre, il faut être fait solide pour passer à travers des crises comme celle-ci.
    De mon côté, la crise me touche directement car mes principaux clients sont les restaurateurs les bars et les hôteliers.
    Comme mon épouse travail pour mon entreprise et que mon bureau est situé à la maison elle n’a pas droit à l’assurance chômage…
    Heureusement que notre entreprise est en bonne santé financière, autrement elle ne pourrait pas survivre à cette crise.
    Bon courage à vous tous!

    P.s très heureux de ne pas avoir suivi les conseils de certaines personnes qui me disaient d’acheter une grosse voiture et de la mettre au nom de la compagnie, dépenser sans trop calculer car c’est la compagnie qui les payent…

  • Benoit Lauzon
    Répondre

    Ça résume bien la situation actuelle de plusieurs propriétaire de PME. Oui je vais surement oublier et me relever mais je peut vous dire une chose je vais pas oublier si le gouvernement donne des subventions au grande corporation. Qu’il traite tous les entreprises sur le même pieds d’égalité, Qu’elle emprunte les grosses corporation et si elle peuvent pas passer au travers cette épreuve et bien qu’elle ferme ce ne sera que justice.

  • Répondre

    Solide billet! J’ai eu des frissons en lisant ça. Ça résume parfaitement la situation de plusieurs personnes.

  • Robert Guindon
    Répondre

    Tu es mon nouveau meilleur ami, Robert Guindon

  • Claude Grondin
    Répondre

    Bonjour monsieur Lanciault. Je ne suis pas entrepreneur et je n’ai pas besoin de l’être pour vous dire que je suis complètement en accord avec vos propos. Vous avez tout mon respect et toute mon empathie… Il y a clairement quelque chose qui ne tourne pas rond. Faudra-t’il un printemps « Entrepreneur » pour changer les choses?

  • Poulin
    Répondre

    Rien de plus à ajouter, vous avez tout dit pour moi. Merci… 🙏

Laisser un commentaire

L'importance de se fixer des objectifs